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Gérer l’état de choc – prevenir l’état de stress post-traumatique pour soi ou son entourage   arrow

Les évènements actuels sont à l’origine d’une souffrance (individuelle et collective) généralisée et observable. Chacun de nous va gérer cette souffrance à sa manière et avec ses moyens émotionnels actuels, mais aussi en fonction de sa mémoire traumatique : son histoire personnelle et son héritage transgénérationnel ou culturel, c’est à dire les peurs, terreurs, émotions transmises ou induites par sa famille ou par des phénomènes passés (notamment des guerres, attentats, etc.).
 En tant que psychologue clinicienne, je suis habituée à la prise charge de personnes en état de choc et de personnes en état de stress aigu ou post-traumatique. Aussi, il me parait important aujourd’hui de partager ici quelques moyens de gérer cet état de choc actuel, pour vous même et votre entourage, et de vous permettre d’identifier chez vous ou chez  l’autre des symptômes et une conduite à tenir en cas de gravité de ces symptômes. Face à la violence des évènements et les émotions fortes, dont la tristesse, la peur, le sentiment d’impuissance qu’ils ont généré, on peut constater un état de choc généralisé, notamment à Paris. De plus, la surmédiatisation du phénomène entraine de fait une surexposition ou du moins une longue exposition aux médias, à la détresse d’autrui, et à toutes sortes de projections (ou prédictions) effrayantes qui ne nous permettent plus (ou peu) de récupérer des ressources émotionnelles de façon à gérer  ces évènements de manière plus rationnelle. Quels sont les moyens simples dont nous disposons pour gérer l’état de choc actuel : 

  1. Eviter la surexposition au discours médiatique : cela ne signifie pas de se désinformer totalement, mais d’éviter l’hyper-connexion, de choisir ses moyens d’information et de limiter le temps que nous passons « scotchés » aux médias. Nous n’avons pas de surcapacités à supporter les images ou informations.
  2. Ne pas céder à la contagion émotionnelle : que ce soit par l’intermédiaire des médias ou de façon directe nous sommes tous aussi surexposés aux peurs et aux prévisions plus ou moins imaginaires de chacun. N’oubliez pas que ces peurs concernent avant tout celui ou celle qui en parle et conservez votre esprit critique, même si en ces temps d’épuisement émotionnel il est difficile de ne pas se laisser envahir par des peurs auxquelles  nous  n’avions pas pensé.
  3. Ne pas transmettre nos inquiétudes aux autres, même au prétexte de les rassurer : et en particulier aux personnes qui ont peur, sont jeunes, fatiguées, ou dans un état émotionnel qui laisse supposer qu’elles ne pourront pas le gérer. Quand une personne présente une quelconque vulnérabilité objectivée par rapport aux évènements, il peut être dangereux d’aggraver son état en lui parlant de perspectives pessimistes, de danger pas encore identifiés par elle, etc. Si vous avez besoin de parler de vos peurs et que personne ne vous parait assez solide dans votre entourage, adressez-vous plutôt à un professionnel.
  4. Se rappeler que certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres : votre entourage ou votre famille n’a pas forcément les mêmes moyens que vous de gérer la situation et d’écouter les mêmes informations que vous. Donc, nous devons nous souvenir que les enfants ou adolescents n’ont pas toujours les mêmes capacités que nous à élaborer l’actualité et qu’ils peuvent être très envahis émotionnellement par ces évènements ou par la souffrance de leur entourage. Il est donc important de les écouter, les rassurer et les protéger. Il en est de même pour les personnes qui se trouvaient déjà en état de vulnérabilité avant les évènements : je pense en particulier aux personnes déjà en burnout ou à ceux qui dans leur travail sont au quotidien confrontés à de fortes exigences émotionnelles (dont la souffrance ou la détresse d’autrui).
  5. Ne pas banaliser votre souffrance ou la souffrance d’autrui : que la souffrance de l’autre ou la vôtre vous paraisse compréhensible ou non, exagérée ou non, ou même normale ou non, si vous n’êtes pas professionnel de santé, vous n’êtes peut-être pas apte à en comprendre les tenants ou aboutissants. Le meilleur service que vous puissiez rendre à la personne ou à vous-même est de reconnaitre cette souffrance et ne pas vous dire que ça va passer tout seul. Le recours à un professionnel dans de telles circonstances ne doit pas être remis à plus tard : plus vous interviendrez tôt et moins cette souffrance aura l’occasion de s’aggraver, et plus la prise en charge sera  courte.
  6. Ne pas surévaluer les risques futurs : votre sécurité est importante, mais il est stratégique pour vous de distinguer les risques réels, imaginaires et symboliques qui existent selon vous. Parmi les risques symboliques existants, le risque de perte de liberté d’expression semble faire consensus, mais chacun évaluera des risques symboliques particuliers en fonction de sa personnalité ou de son histoire. Concernant les risques imaginaires, il est important que vous puissiez les identifier comme tels : ces risques imaginaires peuvent en effet donner lieu à des précautions si extrêmes qu’elles peuvent aboutir à une sorte de paralysie ou à un évitement de tout.
  7. Rester accroché à la réalité : il est important de ne pas se laisser envahir par des risques qui ne sont pas réels, ou qui sont trop loin des risques identifiés. Enfin, par rapport aux risques réels et identifiables de manière objective, il s’agit de prendre de petites précautions qui vont vous éviter de vous surexposer à une souffrance ou des émotions intenses.
  8. Ne pas avoir honte de prendre des précautions : prendre soin de soi ou des autres n’est pas une faiblesse, c’est au contraire un acte responsable.
  9. Ne pas vous isoler : parce que l’isolement est susceptible de vous priver de l’aide des autres et aussi de laisser le champ libre aux pensées ou souvenirs les plus difficiles à gérer.
  10. Rechercher la solidarité et les émotions positives et en particulier chez les personnes en mesure de vous les transmettre : de façon à pouvoir les transmettre à votre tour…

Quels sont les symptomes qui doivent vous alerter s’ils se prolongent :

  1. Le fait d’être envahi(e) par des angoisses avec, en toile de fond, des émotions telles que la peur, la terreur, un sentiment d’impuissance ou de catastrophe iminente
  2. Un envahissement par un/des scénarios traumatique(s) : le fait d’être axé(e) sur des évenements traumatiques (souvenirs, flashbacks)
  3. Des tentatives de zapping pas tout à fait efficaces qui peuvent aboutir au fait de s’isoler, renoncer à des activités habituellement importante, resentir un blocage affectif, avec eventuellement un sentiment d’avenir bouché…
  4. Des symptomes tels que : troubles du sommeil, irritabilité ou colère, difficultés de concentration, hyperréactivité, réactions de sursaut
  5. Un impact sur votre vie sociale, professionnelle, etc.

Dans le cas ou vous detecteriez l’ensemble de ces symptomes de manière durable, il serait conseillé de consulter un professionnel de santé spécialisé. L’organisation mondiale de la santé (OMS) fait les recommandations suivantes de prise en charge depuis 2013 (voir l’article complet ici) :

« on peut envisager d’orienter les patients en état de stress post-traumatique vers des traitements spécialisés tels que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou une nouvelle technique dite de désensibilisation et de reprogrammation par le mouvement des yeux (EMDR). Ces techniques aident les sujets à atténuer les souvenirs vivaces, non désirés et répétés d’événements traumatiques »